Rechercher
  • loeildutennis

Un esprit sain dans un corps sain

Le tennis ne se résume pas qu’à une simple pratique sportive avec une pertinence motrice. Elle s’accompagne d’un travail parallèle, physique, mental, mais aussi nutritif. C’est pourquoi nous aurons la chance dans cet article de nous entretenir avec Eric Mil, coach en nutrition, spécialisé dans le tennis.



BONJOUR ERIC, POUVEZ-VOUS VOUS PRESENTER EN QUELQUES MOTS ?

Bonjour à vous, je suis entraîneur de tennis depuis 20 ans, et depuis maintenant 2-3 ans je suis coach en nutrition. Pour ce faire, j’ai suivi deux formations de 4 mois contrairement à un nutritionniste qui se forme en 6 ans.

Ces deux formations m’ont permis d’acquérir les fondamentaux en matière de nutrition et ainsi pouvoir les transmettre aux jeunes dont je m’occupe. Très vite la population s’est élargie, notamment d’anciens professionnels et des triathlètes désireux d’optimiser leur performance, gagner en énergie, en masse musculaire et prévenir les blessures. Etonnement, peu de personnes voulant maigrir m’ont sollicité.



EN QUOI CONSISTE VOTRE NOUVEAU MÉTIER ?

Il est très important d’avoir en tête que je ne parle pas de régime mais d’habitude alimentaire qui devrait être prise dès le plus jeune âge. Il est assez regrettable que “manger” soit aussi négligé dans notre société parce que bien s'alimenter est souvent synonyme de gain d’énergie qui entraîne une meilleure qualité dans les tâches que nous effectuons. J’irais même plus loin en affirmant que nous sommes et produisons ce que nous mangeons.

Il y a deux ans, je bossais énormément, notamment le mercredi, les entraînements s'enchaînaient tout le long de ma journée donc je mangeais en vitesse un sandwich entre deux cours et j’ai pris 4kgs alors que je faisais beaucoup de sport. Vous serez d’accord avec moi pour dire qu’un sandwich n’est pas très calorique. Je me suis alors intéressé à la nutrition et j’ai appliqué ce que j’avais appris. Les résultats ont été assez immédiats… En l’espace d’un mois et demi, ces 4kgs ont disparu et j’ai remarqué un net gain d’énergie. Le tout sans ressentir la moindre frustration alimentaire. Pour tout vous dire, aujourd’hui à 42 ans, j’ai l’impression d’être plus en forme que lorsque j’en avais 30. Sans ces changements, je serais en croix (rires). Il faut garder en tête que la vie est un marathon et non un sprint, et que les comptes sont fait à la fin.


L’une des premières choses dont je parle à mes élèves c’est la proportion sans passer par le grammage. L’objectif est de mettre en place un programme alimentaire dès le plus jeune âge répondant aux besoins énergétiques de chacun, en fonction de l’intensité de l’effort, du poids et de la taille. Cela s’inscrit dans une logique anti “mal bouffe”. En effet, il est essentiel de faire comprendre aux plus jeunes que l’alimentation apporte l’énergie au corps. On peut comparer l’alimentation au carburant d’une voiture. Or, sans celui-ci, cette dernière n’avance pas. Pour aller un peu plus loin sur sa dimension centrale, la silhouette est à 80% la conséquence de la nutrition et les 20% restants du sport.



POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE PLUS SUR L’IMPORTANCE DE L’ALIMENTATION DANS LE SPORT ?

Prenons l’exemple d’un jeune qui fait de la musculation 3-4 fois par semaine. Malgré son entraînement, ce dernier ne prend pas de masse voire en perd et ce parce que son alimentation peut être déficiente en protéine. Pour y remédier, il faut définir un programme alimentaire qui tient compte de l’IMC (Indice de Masse Corporelle). S’ajoute une contrainte métabolique. Pour simplifier, l’organisme ne peut assimiler plus de 30g de protéines par tranches de 3 heures. Le surplus ne l’est pas à sa juste valeur, donc l’apport quotidien doit être réparti sur l’ensemble de la journée.

De plus, une bonne alimentation permet de prévenir les risques de blessure. Toutefois, l’alimentation n’est pas l’unique facteur à prendre en compte. L’hydratation joue un rôle encore plus déterminant dans la recherche de la performance.



QUELLE EST LA JOURNÉE TYPE D’UN SPORTIF SUR LE PLAN ALIMENTAIRE ?

Le repas le plus important de la journée c’est le petit déjeuner, pour la simple est bonne raison que le temps qui sépare le dîner du petit déjeuner est déjà conséquent. Si on le saute, on mange seulement au déjeuner donc il est normal qu’un coup de barre survienne au milieu de la matinée. Or, ce premier repas est bien souvent négligé. En effet, 9 personnes sur 10 ne prennent pas de petit déjeuner donc démarrent leur journée sans énergie. Un adage vérifie cette théorie, je cite : « le matin, il faut manger comme un roi, le midi comme un prince et le soir comme un pauvre »


La journée type sur un plan nutritionnel ressemble à quelque chose de la sorte :

  • Le matin, des protéines accompagnées de vitamines donc des nutriments, qui apportent du dynamisme.

  • Le midi, il faut manger pas mal de légumes car les vitamines fluidifient le transit ce qui permet de mieux assimiler les protéines. On les accompagne de féculent car cela donne de l’énergie

  • Le soir, on mange les mêmes quantités que le midi sans féculent. L’assiette se compose de 50% de légumes, 50% de substances protéinées sans excéder les 30g. Les féculents sont bannis le soir parce que ce sont des aliments difficiles à digérer donc stimulent pas mal le cerveau qui est moins concentré sur le sommeil donc la qualité du sommeil baisse.


Pour exemple, les repas types d’une journée peuvent ressembler à :

  • Le matin, 2-3 œufs, du fromage blanc avec des flocons d’avoines et des fruits (myrtille ou banane). Pour les amateurs de pain, le complet est autorisé car il contient des fibres, indispensables pour le transit et essentiel dans l’orchestration de l’alimentation. On peut accompagner tout cela de thé noir ou vert et du café. Il est possible de prendre des compléments alimentaires, des gélules de guarana pour ne citer qu’elles.

  • 1er encas, pas de sucre rapide, les effets sont presque instantanés mais s’estompent tout aussi vite donc il y a une perte d’énergie. Pour la petite anecdote, l’addiction au sucre est plus coriace que celle aux drogues dures. Le sucre appelle le sucre. Le mécanisme est assez simple, dans le cerveau se trouve une « boule » qui est stimulé dès lors que nous mangeons du sucre. Comme le sucre appelle le sucre, on ressent le besoin d’en reprendre. Comme toute drogue, on en a besoin de toujours plus pour être satisfait. Idéalement, il faut manger un fruit et éventuellement une barre protéinée pour les apports.

  • Le midi, comme nous l’avons précédemment évoqué, il faut manger assez copieusement. Des légumes dans une première moitié d’assiette, l’autre étant séparée en 2, avec d’un côté, des féculents et de l’autre, des protéines animales, végétales ou des légumineuses.

  • Le 2ème encas de la journée est très proche du premier puisqu’on mange une barre protéinée et une pomme. Il faut faire attention à ne manger que des fruits qui ne soient pas traités.

  • Au dîner, le repas est assez proche du déjeuner. La seule différence réside en l’absence de féculents qui sont déconseillés, exception faite si on fait du sport ensuite.


L’ALIMENTATION VARIE-T-ELLE EN FONCTION DE LA PÉRIODE DE L'ANNÉE ?

En fonction de la période de l’année, pré-saison, période de compétitions notamment, l’alimentation ne change que très peu, puisque je le rappelle, c’est une habitude alimentaire à prendre ! Ce sont davantage les quantités qui varient. On peut voir intégrer à l’alimentation des compléments alimentaires ou des boissons isotoniques notamment pour un gain de récupération.


NOUS PARLONS BEAUCOUP D’ALIMENTATION MAIS L’HYDRATATION DOIT AUSSI JOUER UN RÔLE ESSENTIEL ?

Au sujet des boissons, il existe deux types, celles spécifiques à l’effort, en particulier pour une meilleure hydratation, et celles propres à la récupération. L’hydratation est comparable à l’huile d’un moteur et l’alimentation au carburant. Une mauvaise hydratation diminue nos capacités de 10%.

Pendant les repas, il est conseillé de boire au moins un ou deux verres d’eau, voire plus en fonction de nos besoins. En dehors des repas et du sport, le corps a besoin d’un litre par tranches de 30-40 kgs. Pendant le sport, un litre par heures.

L’IMC est un bon indicateur pour déterminer nos besoins en eau.



DE MANIÈRE PLUS GLOBALE, QUE PENSEZ VOUS DES HABITUDES ALIMENTAIRES DES FRANÇAIS ?

C’est une très bonne chose que les gens s’inquiètent de leur corps et de ce qu’ils mangent, et les différents scandales alimentaires de ces 25 dernières années, ont eu pour conséquence une déviance des populations à l’égard des industriels et de la viande.

Une étude menée aux Etats-Unis sur des pompiers qui mangent fréquemment au Mc Donald’s, montre que ces derniers ont des artères totalement bouchées.

Flexitarisme / Végétarisme relève plus d’un choix culturel. Sans devenir végétarien ou flexitarien il est possible de devenir un consommateur responsable, en privilégiant les œufs. Concernant la viande rouge, une fois par semaine suffit tandis que la viande blanche, 3 fois suffisent. Toutefois, la protéine végétale est moins dense en protéine que la protéine animale donc pour un apport équivalent, il faut augmenter sa consommation.

Concernant le poisson, mieux vaut opter pour les petits poissons car ils contiennent moins de mercure.

Pour prévenir et militer contre la surconsommation, la surproduction et la surexploitation, il serait pertinent que la consommation de protéine se compose à hauteur de 60-70 % de protéine végétale.


SI VOUS AVIEZ DES CONSEILS A DONNER A UNE PERSONNE DÉSIREUSE DE MAIGRIR QUELS SERAIENT-ILS ?

Pour une personne désireuse de maigrir, il ne faut absolument pas sauter de repas sous peine de stocker le gras. En effet, le métabolisme le stocke au bout de 3-4 heures sans manger. Ce phénomène vient du cerveau qui, « traumatisé » par l’absence d’alimentation, stocke le prochain repas pour prévenir un potentiel futur manque. C’est pourquoi, on conseille aux personnes souhaitant maigrir mais aussi aux sportifs de manger 5 fois par jour, collations comprises.

Les jeunes intermittents sont loin d’être la panacée pour maigrir. Bien que sur du court terme ce soit efficace, seule la régularité est efficace sur la longueur.


UN DERNIER MOT POUR CONCLURE CETTE INTERVIEW RICHE ?

La capacité énergétique est un élément essentiel de la performance. Elle repose sur la nutrition, l’hydratation, le sommeil et l’entraînement. Et plus ces éléments vont être maximiser, meilleures seront les performances.

Ces éléments doivent également être accompagner d’une préparation mentale et de soins à savoir kiné, ostéopathie pour ne citer qu’eux.



Un grand merci à Eric pour sa gentillesse et son investissement dans ses réponses. Nous lui souhaitons le meilleur pour le suite de ses aventures sur et en dehors des courts !

248 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

©2020 par L'œil du Tennis. Créé avec Wix.com