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MATHIAS BOURGUE, LA FORCE TRANQUILLE

Mis à jour : juil. 3


Mathias nous partage le temps de cet entretien son ressenti sur la période exceptionnelle que nous venons de traverser et nous fait un petit bilan de son début de carrière.





Bonjour Mathias, peux-tu nous dire quelques mots sur ton confinement ?

J’étais confiné avec ma copine, chez mes parents à Avignon. C’était une période assez particulière parce que je suis habitué à beaucoup voyager, ça faisait longtemps que je n’étais pas resté aussi longtemps chez mes parents. Pour être honnête, ce n’est pas la période de ma vie durant laquelle j’ai été le plus productif ! (rires)

Sportivement, j’ai assuré l’essentiel, je n’ai pas pris de poids et j’ai fait des footings assez régulièrement. Certes je n’avais pas de matériel pour faire du renforcement musculaire, j'ai donc dû combler ce petit manque depuis la reprise, mais d'ici le début des compétitions officielles prévu en août, j’ai le temps de retrouver une forme optimale.



On va en revenir au tennis, peux-tu nous parler de tes débuts ?

J’ai commencé le tennis vers 5 ans au club de Villeneuve. Ensuite, parcours fédéral classique, j’ai rejoint le pôle de St Raphaël, puis l’INSEP. A 24 ans, j’ai décidé de m’émanciper de la fédération car je ressentais le besoin de quitter ce cocon afin de voler de mes propres ailes et être moteur dans mon projet. La fédération m’a beaucoup apporté, mais c’est une institution donc on suit plus qu'on ne choisit.

Scolairement, je suis allé jusqu’à mon bac, avant d’arrêter mes études pour me consacrer à 100% dans mon projet sportif. Mine de rien, concilier sport et études n’était pas facile, j’avais un emploi du temps très chargé, des semaines longues… Heureusement que les profs s’adaptaient.


Pour en revenir à ma carrière sportive, un entraîneur m’a tout particulièrement marqué, Alain Barrère. Il m’a aidé à gagner en confiance et m’a beaucoup appris techniquement, les fondamentaux du tennis, à savoir mettre la balle dans le court. Quand tu regardes les meilleurs joueurs, ils ne font aucune faute notamment parce qu’ils ne font pas d’erreur tactique.



Actuellement, où en es-tu dans ta carrière ?

Aujourd’hui je m’entraîne à la All in Academy, où nous bénéficions d’un très bon cadre de travail. Le mode de fonctionnement est assez simple, on paie un forfait pour bénéficier des infrastructures et du staff. L’intérêt d’être dans une académie, c’est qu’on côtoie d’autres joueurs, donc on peut très facilement taper la balle avec eux, ce qui permet de se jauger, donc c’est intéressant. Mais je ne veux pas faire de jaloux, j’apprécie tout autant faire des paniers de balles avec mon entraîneur, Olivier Malcor !

En parallèle du circuit, je joue les matchs par équipes pour le TCP avec Gillou (Gilles Simon) et Mana (Adrian Mannarino) notamment, on se marre bien donc c’est sympa.



Tu as travaillé avec Emmanuel Planque, que tu partageais avec Lucas Pouille. Quel bilan dresses-tu de cette période ?

Avec Manu et Lucas, nous avons vécu de grands moments. Manu y est pour beaucoup. En plus d’être un grand formateur sur le plan tennistique, humainement c’est un homme en or, il a été bien plus qu’un entraîneur. Il est honnête et tempéré, jamais à nous rabaisser quand on ne joue pas à notre niveau, et lorsqu'on est dans une période faste, il ne nous met pas dans la tête que c’est fait, qu’on est le meilleur. Il a réussi à très bien gérer la situation en ne nous mettant jamais en concurrence, il a instauré un climat très sain entre nous, il y avait une émulation qui nous motivait à nous dépasser. Je vais être honnête, lorsque l’un avait de très bons résultats et l’autre galérait, il est arrivé qu’il y ait une petite pointe de jalousie mais rien de méchant ni de durable.


Malheureusement, ça s’est fini un peu brusquement, Lucas a eu de très bon résultats, donc la fédé a décidé de lui détacher exclusivement. Lorsque leur collaboration s’est achevée, je n’étais pas assez bien classé pour que la fédé me l'octroye individuellement, et je n’avais pas forcément les moyens de le prendre en privé.



On sait que c’est un sujet qui peut être délicat, mais peux-tu nous livrer ton avis sur la dimension mentale dans la performance ?

La psychologie m’a toujours intéressé, j’ai pas mal lu à ce sujet. Les psychologues que j'ai consultés par le passé m’ont conseillé de m’éloigner de l’enjeu et de me concentrer sur le jeu, chose qui n’est pas facile à mettre en place. J’ignorais comment faire. Ils m'ont également permis de mieux gérer la pression. Par exemple, plus jeune, c’était compliqué de jouer face à un copain, il y avait beaucoup de tension. Aujourd’hui, avec l’expérience, j'arrive à mieux appréhender ce genre de rendez-vous.

Depuis peu, je consulte régulièrement quelqu’un, et j'ai la sensation que cela porte ses fruits. J’ai compris qu’avant de travailler sur le sportif, il fallait guérir l’homme.



On va revenir sur un moment marquant dans ta carrière, ton match contre Andy Murray à Roland Garros. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Jouer contre Andy était un grand moment parce que ma famille et mes amis étaient dans les gradins. De jouer sur un grand court comme le Chatrier était tout simplement exceptionnel. Le retour à la réalité du circuit challenger a été un peu compliqué à gérer, mais c'est justement cela qui me motive à revivre de telles émotions.



Pour finir, on apprécierait que tu nous donnes ton avis sur la politique de la fédé.

Ma réponse va être assez concise, mais je pense qu’elle a fait une erreur à un moment donné en voulant se focaliser sur une pépite alors que l’une des forces du tennis français, c’est sa densité.


Nous remercions Mathias Bourgue pour cet entretien et la qualité de ses réponses. Nous lui souhaitons de rejouer de grands matchs sur les plus beaux courts centraux.


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