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Entretien avec Matteo Martineau (423 ème joueur à l’ATP)

Confiné à Chambéry, Matteo Martineau attend avec impatience la reprise des tournois afin de reprendre sa marche en avant pour intégrer le top 100 mondial !




  • Comment avez-vous appris le confinement, l’interruption des tournois, et vécu cette annonce?

J'étais en tournoi à Potchefstroom en Afrique du Sud. On jouait en double avec Benjamin Bonzi et on a été interrompu par la pluie. Pendant cette interruption on a reçu un mail de l’ATP nous informant de la suspension de toutes les compétitions, et donc du tournoi en cours. Ainsi, on a touché le prize money et les points ATP du stade auquel on s'est arrêté.

Un peu frustrant certes, mais ce fut une annonce générale, je n'étais pas le seul pénalisé par cette décision donc on relativise quand même assez vite.



  • Pouvez vous nous parler de vos conditions de confinement ?

Je suis chez mes parents dans leur maison à Chambery. Ca fait du bien des moments en famille parce que nous sommes souvent en voyage donc on passe peu de moments auprès d’eux.

Le tennis me manque même si j’arrive à jouer dans le jardin ou dans la rue avec mes deux frères.



  • Toujours motivé ?

Oui on tient le cap, j'ai la chance d’être en maison, d'avoir de l'espace, ce qui me permet de bien m'entraîner physiquement.

Cette période me laisse le temps de faire des activités extérieures au tennis, comme le bricolage, chose que je ne peux pas faire en temps normal. Ca me permet de passer le temps en attendant de pouvoir reprendre à partir du 11 mai, même si les compétitions internationales ne reprendront pas tout de suite.



  • Justement, à propos de la reprise des compétitions, que pensez-vous des tournois parallèles organisés par les académies, tels que ceux de Patrick Mouratoglou ou Thierry Ascione par exemple ?

Je pense que c’est une bonne chose, ça permettra aux joueurs de retaper sérieusement dans la balle. Après, est-ce que ça pourra se mettre en place ? C’est plutôt ça la question. Ce que Thierry (Ascione) souhaite faire, ça a l’air génial, c’est dans le sud, le beau temps, ça peut donner quelque chose de super !



  • Percevez-vous des aides matérielles et financières pendant le confinement ?

J'ai quelques aides de mes sponsors, Wilson et Lotto. Ils nous ont demandé au début du confinement ce dont on avait besoin, donc c’est plutôt gentil de leur part.



  • Avez-vous des craintes financières dues au confinement ?

Pas spécialement, parce que je vis chez mes parents en ce moment, et que je perçois des aides de l’Etat de part mon statut d’auto-entrepreneur. En temps normal, je suis pris en charge par la fédération donc je n'ai pas trop de crainte à ce niveau là, ce dont je m'estime chanceux.


  • A quel âge avez-vous débuté le tennis ?

Vers 4-5 ans, mes grands frères jouaient déjà et mes parents étaient assez engagés dans le club. Au début je jouais au mur, et petit à petit j'ai commencé les cours.



  • Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

J'ai rapidement été repéré par la ligue, je suis allé m'entrainer au pôle de Grenoble, avant d'intégrer le pôle France. J'ai joué 3 ans à l'INSEP avant de rejoindre des structures privées en Thaïlande et à Lyon avec Tarik Benhabiles notamment. Depuis 2 ans maintenant, je suis au CNE.


  • Vous avez eu un beau parcours en Junior. Vous pouvez nous en parler ?

J’ai participé à 3 Grand Chelem juniors, l’Open d'Australie, Roland Garros et Wimbledon. J’ai atteint les quarts de finale à Melbourne et Londres, et les huitièmes de finale à Paris. Et surtout avec mes potes Corentin Moutet et Constantin Bittoun-Kouzmine, on a gagné la Coupe Davis junior, la Galéa. C'était un moment incroyable, et ça restera un souvenir mémorable. Avec Coco c’est encore plus particulier, on joue ensemble depuis tout petit, on a fait toutes les équipes jeunes. Terminer nos années juniors avec ce titre c’est un sentiment exceptionnel.



  • Comment avez-vous vécu votre transition junior senior ?

Ca fait maintenant deux années complètes que je joue pleinement en senior et ça diffère pas mal, l'intensité est plus importante, les matchs sont plus longs ce qui nécessite un entraînement plus qualitatif et quantitatif, pas évident à appréhender physiquement. Les points sont tous plus importants, tu n’as pas le droit à l’erreur ce qui est très exigeant sur le plan mental. C'est un cap difficile à passer.



  • En senior désormais, quels tournois jouez-vous ?

Pour l’instant c'est beaucoup de Futures, quelques Challengers essentiellement en France. L’année dernière j’ai eu la chance d’avoir une wild-card pour les qualifs de RG, où j'avais passé un tour.



  • On parle souvent du mental déficient chez les joueurs Français. Que pensez-vous de la préparation psychologique que la fédération dispense aux joueurs ?

J’ai appris qu’en début d’année un préparateur mental est arrivé à la fédération. Il présente la particularité d’être un ancien joueur. Personnellement, je bosse avec une sophrologue depuis deux ou trois ans, je sens que ça m'aide beaucoup, elle m’aide à progresser mentalement et j'espère que ça m'aidera encore par la suite !



  • Voyagez vous seul pendant les tournois  ?

Dernièrement je voyageais plutôt seul puisque je partage avec un autre joueur mon entraîneur et ils sont plus partis ensemble ces derniers temps. Parfois je voyage avec des entraîneurs de la fédération ou des membres de ma famille quand c'est pas trop loin, ou qu'ils ont des vacances…



  • Quel est votre tournoi favori ?

Roland ! En tant que joueur Français, d'autant plus quand on vient de la fédération, on espère jouer Roland Garros tous les ans, avoir une invitation pour y jouer. C'est tellement incroyable de jouer là-bas !



  • Quelle est votre surface préférée ? Sur laquelle vous vous exprimez le mieux ?

J’aime jouer sur terre, après en terme de résultats, je me débrouille aussi bien sur dur que sur terre.



  • Quels sont vos objectifs ? A court terme ? A long terme ?

Actuellement je suis 420 ème joueur mondial, donc à court terme c'est de rentrer dans les 250 pour pouvoir jouer les qualifs en GC, et bien évidemment, à long terme c’est de rentrer dans les 100 !



  • Quel est votre avis sur la réforme de la Coupe Davis ?

Elle a beaucoup copié la nouvelle compétition de l'ATP, l’ATP Cup. Sur le fond, je ne suis pas forcément favorable, il y a très peu de spectateurs, il n’y a plus les ambiances de matchs à domicile et extérieur… À Madrid, en novembre dernier, il n’y avait des spectateurs que pour les matchs de l’Espagne, donc je ne sais pas si c’est très équitable…. Pourquoi pas aider les fédérations des nations la jouant afin de faire venir leurs supporters. Pour prendre l’exemple du Japon, faire le trajet Japon-Espagne, ce n’est pas donné à tout le monde !



  • Quel est votre plus beau souvenir ?

En junior, c’est d’avoir joué les trois GC, et d’avoir gagné la Galea (la Coupe Davis junior), surtout avec les potes !

Et en senior, c’est Roland évidemment, lorsque j’ai gagné mon premier tour des qualifs !



Merci à Matteo d'avoir répondu à nos questions. On lui donne rendez vous à Roland Garros en septembre prochain !


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